Le peuple kichwa de Sarayaku

Le peuple kichwa de Sarayaku Amazonie – Equateur – Fleuve Bobonaza

Le peuple Sarayaku, situé en Amazonie Equatorienne fait partie de la nation Kichwas. Depuis 40 ans, leur territoire est convoité par les compagnies pétrolières. Les Sayakus comptent 1 500 personnes (300 familles) sur un territoire de 135 000 Km2. En 2002, les Sarayakus subissent une incursion armée de compagnies pétrolières accompagnées de militaires. Ils résistent pacifiquement, se battent juridiquement et en 2012, remportent un procès historique contre l’État équatorien devant la Cour interaméricaine. Une victoire symbolique mais la pression continue : certains explosifs sont encore présents sur leur territoire. Le pétrole représente environs 1/3 des exportation de l’Equateur et plus de 7% de son PIB. Les compagnies entretiennent leurs exploitations au minimum et les fuites sont fréquentes avec des conséquences ravageuses sur les écosystèmes (rivières polluées) et la santé (taux de cancer le plus élevé d’Équateur).

Leur résistance s’est entre autre illustré par une frontière symbolique d’arbres à fleur visible du ciel : la Frontière de Vie, pour protéger leur territoire. Aujourd’hui, cette vision continue avec un nouveau projet qui vise à renforcer le jardin botanique, espace central pour préserver certaines espèces de plantes et les animaux du territoire. Le projet vise la conservation des semences locales, l’étude de la biodiversité (oiseaux, faune) et la régénération de la forêt. Il aide aussi à entretenir des zones de la Frontière de Vie. Le projet veut reconnecter les jeunes à la forêt par des ateliers et des activités concrètes dans la nature. Il valorise aussi la médecine traditionnelle en encourageant l’usage des plantes médicinales. Il s’agit d’un concept de vie en harmonie avec la forêt : leur projet s’inscrit dans la lignée du « buen vivir » inscrit dans la constitution de quelques pays andins (Bolivie, Equateur). Cette conception de la société est résumée dans la « déclaration des peuples en résistance pour la vie ». Aussi, Il ne s’agit pas de « folkloriser » le combat du peuple de Sarayaku; mais d’illustrer un plan : donner la possibilité aux communautés indigènes de pouvoir administrer leurs territoires pour protéger la forêt d’une manière alternative au « développement économique ». Le projet de plantation d’arbres pour la frontière de vie et le nouveau projet d’agroforesterie sont soutenus par la fondation française Yves rocher qui contribue à travers la plantation d’arbres à maintenir et protéger le vivant partout sur la planète.

Eric Garault

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